C'est l'histoire d'un petit mec, Fañch

Fañch Bernard naît à Quimper en mai 2017. Le service d’état civil refuse l’orthographe bretonne avant de se rétracter : « Il n’y a, à nos yeux, aucune raison, qu’elle soit juridique ou humaine, pour que Fañch soit privé du tilde qui orne son prénom. Ce n’est ni accessoire, ni anodin. Nous assumons notre position et comptons sur la compréhension des autorités administratives » on connaît la suite, le tribunal de grande instance de Quimper ordonne la rectification du prénom enregistré à l’état civil, considérant qu’admettre le tilde reviendrait « à rompre la volonté de notre État de droit de maintenir l’unité du pays et l’égalité sans distinction d’origine » Pourtant, depuis cinquante ans, les prénoms bretons sont autorisés.

Dans un second temps judiciaire, la cour d’appel de Rennes donne satisfaction au couple en acceptant ce prénom, déjà utilisé par le passé et présent sur certains documents d’identité. Mais le parquet général se pourvoi en cassation.

Fort heureusement le pourvoi est rejeté par la première chambre civile de la Cour de cassation le 17 octobre 2019, mettant donc un terme à l’affaire en autorisant l’enfant à conserver la graphie de son prénom incluant la lettre diacritée. Mais sur le fond rien n’est réglé en effet, l’arrêt du pourvoi repose sur « une erreur de procédure » d’après l’avocat de la famille, donc aucune considération sur les arguments du couple et par extension sur le respect des langues et histoire des pays/régions. Fañch est un prénom breton masculin, hypocoristique de Frañsez, équivalent breton du prénom français François. Ôter le tilde du prénom Fañch changerait la prononciation du prénom, formant un autre prénom que n’ont pas choisi les parents.

Une bonne nouvelle viendra quelques mois plus tard, « La ministre de la Justice de l’époque (Nicole Belloubet) confirmera par courrier qu’un décret serai en cours de finalisation et serai prochainement (sic) transmis au conseil d’État. L’intégration de ces caractères sera effective dès que les modalités au sein des services de l’État seront définies », avait déclarée l’élu de La République en marche dans un communiqué intitulé « Un décret pour Fañch ». Ce petit bonhomme aura donc à lui tous seul (oui oui avec un peu l’aide de ses parent et de ses avocats ^^) à fait plier la France et à fait changer la loi ! TRUGAREZ Fañch ! 

Malheureusement, le zèle et le jacobinisme traîne toujours ses grosses godasses, et en mai 2020 un autre couple ayant donné naissance à un petit Fañch à Guingamp s’est vu supprimé le tilde sur le prénom de leur fils. Mais suite à « l’affaire, trois conseillers régionaux de la Région Bretagne, demanderons a faire preuve de bienveillance et de bon sens, en rétablissant la famille du jeune Awen Fañch dans son droit, pour éviter un nouveau parcours judiciaire.Les trois élus membres du groupe des Régionalistes demanderons également à la ministre de la Justice de toujours de l’époque « d’accélérer la publication du décret nécessaire à la sécurisation des signes diacritiques des langues régionales, dont le ñ tilde breton ». On attend toujours …Allo Dupont-Moretti ?

On aimerait surtout pouvoir enfin donner des prénoms bretons, basques, corses, occitans, catalans… aux enfants sans avoir un emballement de l’imposante machine jacobine française.

THEMA ANTIRACISME, DISCRIMINATIONS

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