Elaine Mokhtefi
portrait d'Elaine Mokhtefi -illustration signé kriz grafista

" Dans les années 60, nous avions l'impression que ce que nous faisions pouvait avoir un impact "

photo d'Elaine Mokhtefi

Rencontre avec Elaine Mokhtefi : Alger, capitale de la révolution, librairie LIBERTALIA, Montreuil, le 6 juin 2019

« cliquez-ici »

Elaine Mokhtefi, née Elaine Klein , en 1928 à New York (Prosaic Hempstead). Elle prendra le nom de Mokhtefi après son mariage avec l’écrivain et ancien membre de l’armée de libération nationale (ALN) Mokhtar Mokhtefi.

Elle rencontrera de nombreuses figures révolutionnaires, anticoloniales et antiracistes, telle qu’Eldrige Cleaver, Fidel Castro, Houari Boumédiène, Ahmed Ben Bella, Ho Chi Minh ou Frantz Fanon.

En 1951, à 23 ans elle arrive à Paris, après une traversée de 14 jours.

En 1958, elle participe à la conférence panafricaine des peuples d’Accra, au Ghana. Elle y rencontre le penseur anticolonial Frantz Fanon et Mohamed Sahnoun. Elaine Mokhtefi s’engage alors à leur côté au sein du FLN.

En 1960, quand pas moins de 17 pays africains ont annoncé leur indépendance, Elaine Mokhtefi s’était déjà profondément impliquée dans les luttes antiracistes et anticoloniales. C’est donc en toute logique qu’en 1962, lorsque l’Algérie déclare son indépendance, qu’elle  déménagera à Alger.

Les défis étaient énormes. Les Français avaient laissé un traumatisme et commis des massacres. Il n’y avait que 500 diplômés universitaires dans tout le pays, qui comptait plus de 9 millions d’habitants.

Elaine Mokhtefi consciente de tous ses défis, déclarera «Nous étions des militants et l’avenir nous appartenait» – «J’étais une mouche à la fenêtre, regardant dedans, battant des ailes.»

En 1969, son téléphone sonna. Eldridge Cleaver, (Mari de Kathleen Cleaver) alors ministre de l’Information du BPP, venait d’atterrir à Alger. Après une fusillade avec la police en Californie, il avait été inculpé de tentative de meurtre, ignoré sa caution et s’était enfui, il n’avait aucun contact en Algérie, ni même la permission de rester. “Pouvez-vous m’aider?” Iui a-t-il demandé.

Pendant les trois ans et demi suivants, elle aidera Cleaver et le BPP en tant que fixatrice, interprète et camarade. Elle avait les relations et savait comment faire bouger les choses. Quand en 1971, après que Huey Newton a expulsé Cleaver du BPP, elle a fait une tournée aux États-Unis avec Kathleen, collectant des fonds pour la dernière aventure des Cleavers.

En 1974,  Elaine Mokhtefi est contrainte de quitter l’Algérie pour Paris. Aucune explication n’a été donnée, mais elle a refusé à plusieurs reprises les demandes des services de sécurité algériens d’informer un ami qui avait épousé l’ancien président déchu Ahmed Ben Bella . Elle retourne en France, où elle est également interdite de séjour, à cause de ses activités politiques et militantes, mais grâce à des relations, elle obtient un statut de résidente.

A Paris, Elaine peint, et certains de ses portraits sont accrochés dans son appartement.

Depuis 1995, après deux décennies passées en France Elaine et Mokhtar Mokhtefi, retourneront aux États-Unis à New-York. Où son mari Mokhtar Mokhtefi,décédera 20 ans plus tard en 2015.

En 2018, elle racontera ses mémoire dans un livre paru aux Etats-Unis au éditions Verso Book sous le titre de ” Algiers, Third World CapitalFreedom Fighters, Revolutionaries, Black Panthers”. Il sera traduit en francais en 2019 et paraîtra aux éditions La Fabrique sous le nom d’ “Alger, capitale de la révolution”. A cette occasion, Elaine Mokhtefi multipliera les interventions en France.

Pour partager :