emiliano zapata
portrait Emilano zapata

" Mieux vaut mourir debout que vivre toute une vie à genoux. "

photo de Zapata à cheval

Emiliano Zapata entrevistado por periodistas 1914-1919.

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Emiliano Zapata figure de la révolution mexicaine (1910-1920), il forma et commanda l'Armée de libération du Sud, une importante brigade révolutionnaire.

Né le 8 août 1879, Emiliano Zapata est orphelin à l’âge de 17 ans. Révolutionnaire dès son plus jeune âge, il est arrêté en 1897 pour avoir pris part à une manifestation des paysans de son village contre l’hacienda (exploitation agricole de grande dimension) qui c’était approprié leurs terres. Après avoir été gracié, Il est enrôlé dans l’armée mexicaine, mais après avoir servi pendant seulement six mois, Zapata a été renvoyé chez un propriétaire pour entraîner ses chevaux à Mexico. En 1909, ses compétences en leadership étaient déjà bien connues et il fut convoqué dans son village natal, Anenecuilco, où il fut élu président du conseil du village.
Homme du peuple, Emiliano Zapata est devenu une figure de proue d’Anenecuilco, où sa famille avait vécu pendant de nombreuses générations, et il s’est impliqué dans les luttes des paysans locaux. Zapata a réussi dans un premier temps, à superviser pacifiquement le retour des terres de certaines haciendas, mais c’était une lutte permanente, utilisant d’anciens titres de propriété pour établir leurs revendications sur les terres contestées, puis faisant pression sur le gouverneur de la région pour qu’il agisse. Enfin, face aux réponse glaciales du gouvernement et au favoritisme clair envers les riches propriétaires de plantations, Zapata et un groupe de paysans ont commencés à utiliser la force, prenant simplement le contrôle des terres contestées et les distribuant comme il l’entendait.
À peu près à la même époque, le président mexicain Porfirio Díaz était menacé par la candidature de Francisco Madero. Ce dernier qui après avoir perdu les élections de 1910 contre Díaz avait fui le pays, s’était déclaré président et était de retour pour l’affronter une nouvelle fois.
Zapata a vu une opportunité de promouvoir la réforme agraire au Mexique, et il a fait une alliance discrète avec Madero malgré la méfiance qu’il avait envers lui. Madero avait fait des promesses sur la réforme agraire, et c’était le seul problème dont Zapata se souciait vraiment.
Zapata rejoint donc la campagne de Madero contre le président Díaz, assumant un rôle important en tant que général de l’Ejército Libertador del Sur (Armée de libération du Sud).
En mai 1911, l’armée de Zapata capture Cuautla après une bataille de six jours. Cette bataille est décrite comme “six des plus terribles jours de bataille de toute la Révolution”. Lorsque les hommes de Díaz se sont retirés, les forces de Zapata ont pris le contrôle de la ville.
Cette défaite, associée à celle lors de la première bataille de Ciudad Juárez aux mains de Pancho Villa et de Pascual Orozco, conduit Díaz à déterminer que son temps était écoulé.Une semaine plus tard, il démissionne et se dirige vers l’Europe, laissant derrière lui un président provisoire.
Francisco Madero entre alors à Mexico avec la victoire et Zapata le rencontre pour lui demander de faire pression sur le président provisoire pour qu’il restitue les terres détournées à ses propriétaires fonciers d’origine, revenant à nouveau à la cause la plus profondément ancrée dans son cœur.
Madero insiste sur le désarmement de la guérilla de Zapata et lui offre de l’argent pour acheter des terres s’il assure le désarmement. Zapata rejette l’offre mais commence quand même à désarmer ses forces. Cependant, il a rapidement interrompu le processus lorsque le gouvernement provisoire envoi l’armée pour affronter la guérilla.
Suite au rejet de l’offre de Madero par Zapata, les relations entre les deux se détériorent et, à l’été 1911, Madero nomme un gouverneur qui soutint les droits des propriétaires de plantations sur ceux des paysans, provoquant la colère de Zapata.
Les tentatives de compromis entre les deux hommes ont échoué en novembre 1911, quelques jours après que Madero soit devenu président du Mexique, et Zapata s’enfuit alors dans les montagnes. Déçu par les positions de Madero sur la propriété foncière et ses positions post-révolutionnaires en général, Zapata a préparé le Plan d’Ayala, qui déclare Madero incapable de réaliser les objectifs initiaux et permanents de la révolution.
Le plan promet de nommer un président provisoire jusqu’à ce qu’il y ait des élections légitimes et s’engage à racheter un tiers des terres (volées) détenues par les haciendas et à les restituer aux agriculteurs. Toute hacienda refusant d’accepter ce plan verrait ses terres prises, sans compensation. Zapata adopte également le slogan «Tierra y Libertad» («Terre et liberté»).
En février 1913 a lieu un coup d’État militaire, connu sous le nom de Décade tragique, au cours duquel le président Madero, ainsi que le vice-président Pino Suárez sont démis et assassinés sur ordre de Victoriano Huerta, qui devint président.
Dans le nord du pays, l’opposition à Huerta s’organisent avec Venustiano Carranza, qui se proclame primer jefe de la révolution, et avec la division del Norte, dirigée par Pancho Villa, composée principalement des partisans de Madero encadrés par des anciens militaires de carrière de l’armée fédérale formés dans les meilleures écoles européennes, dont le général Felipe Ángeles. De son côté, Zapata n’a aucune raison de renoncer à son objectif de récupération des terres villageoises selon le plan de Ayala. Il le réaffirme dans deux communiqués, le 2 et le 4 mars 1913. Il poursuit la guérilla dans le Morelos et fait exécuter les émissaires que lui avait envoyés Victoriano Huerta.
Zapata poursuit la lutte dans les États voisins de Puebla et du Guerrero. Le limogeage de Robles n’améliore pas la situation de Huerta. Le 24 mars 1914, Zapata s’empare de la ville de Chilpancingo, capitale de l’État de Guerrero.
Les zapatistes, confrontés à un problème récurrent, le manque de munitions, doivent ralentir leurs opérations. Ce n’est qu’en mai qu’ils s’attaquent aux deux dernières grandes villes du Morelos tenues par les fédéraux : Jojutla tombe en mai, tandis que Cuernavaca, trop bien défendue, est encerclée. Zapata avance alors vers le District fédéral. Le président Huerta, en difficulté face aux révolutionnaires du nord, tente de négocier avec Zapata, qui demeure inflexible.
Finalement, le 15 juillet 1914, Huerta qui n’avait plus le soutien des États-Unis, incapable de faire face à la fois à l’insurrection dans le nord et au Morelos, abandonne la présidence et quitte le pays.
Des dissensions apparaissent rapidement entre les différentes factions révolutionnaires, carrancistes, villistes et zapatistes.
Face aux risques de heurts entre carrancistes et villistes après la défaite de Huerta, les révolutionnaires convinrent de se réunir. On peut grosso modo diviser les participants en trois groupes : les villistes, les carrancistes et les « indépendants ». Ce sont les « indépendants » qui émettent l’idée d’inviter à la convention des représentants zapatistes.
Bien que Zapata ait initialement montré quelques réticences, le 22 octobre, il finit par envoyer à Aguascalientes un groupe d’intellectuels zapatistes, dirigés par Paulino Martinez et Díaz Soto y Gama.
Zapata, ne veut pourtant pas au final s’engager avant l’exclusion de Carranza. La rupture entre les dirigeants révolutionnaires est consommée. Le mouvement est maintenant divisé en « institutionnalistes » et en « conventionnalistes ».
Peu après, Carranza prend la tête du nouveau gouvernement révolutionnaire dit « gobierno constitucionalista », ils avaient vaincu Pancho Villa, dont les approvisionnements en armes et munitions n’étaient plus assurés par les États-Unis.
En désaccord avec les zapatistes, il mène alors une guerre à outrance contre eux. Les habitants du Morelos en sont les victimes et inventent le verbe carrancear qui pour eux veux dire « détruire, violer, piller ». Les zapatistes, néanmoins, restent mobilisés, mais perdent peu à peu leur force.
Le gouvernement constitutionnaliste de Carranza ne trouve pas d’autre moyen que la trahison pour éliminer Zapata, l’espérant surtout de la part de zapatistes repentis. Il tente également d’éloigner les autres chefs de l’armée zapatiste, mais aucune proposition n’eut de succès.
En avril 1919, le colonel Jesús Guajardo complote une embuscade contre Zapata avec son supérieur le général Pablo González Garza  – un proche de Carranza. Pour gagner la confiance de Zapata, il simule de la sympathie pour lui et fait attaquer une colonne de soldats fédéraux (ses propres hommes), en tuant 57. Il obtient ainsi de lui parler de son ralliement, lui promettant des hommes, des fusils et de l’artillerie. Ils prennent rendez-vous à l’hacienda de San Juan Chinameca, Zapata tombe dans le piège : des hommes armés l’y attendent et il est abattu à bout portant.
Guajardo, « pour avoir mené à bien et de manière satisfaisante la difficile mission qui lui a été confiée », reçut une récompense de 50 000 pesos en monnaies d’or (soit 37,5 kilos d’or fin) et fut nommé général sur ordre personnel de Venustiano Carranza.
Le samedi suivant son assassinat, au cimetière de Cuautla, Zapata fut enterré très profondément pour que ses partisans n’emportent pas sa dépouille. Sa tombe porte le numéro 23. On peut y lire :

« Al hombre representativo de la revolución popular
al apóstol del agrarismo, al vidente que jamás abandonó la fé
al inmortal
EMILIANO ZAPATA
dedican este homenaje sus compañeros de lucha. »

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