portrait de may picqueray

" Je suis écoeurée, malade de toutes ces douleurs, de toutes ces horreurs … Mais au lieu de larmes, c’est la rage qui monte et m’envahit "

Ecoutez May Picqueray, militante antimilitariste Film de Bernard Baissat- 1983

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May Picqueray, de son vrai nom Marie-Jeanne Picqueray est née le 8 juillet 1898 à Savenay (Loire-Inférieure) .
Après avoir vécue son enfance en Bretagne, et fait un passage par le Canada, c’est à Paris en 1918, qu’elle s’initie à l’anarchisme auprès d’un étudiant en médecine serbe Dragui Popourtch.
Elle devient alors membre du groupe des jeunesses anarchistes des 5e et 13e arrondissement, et milite également aux Jeunesses syndicalistes.
C’est en 1921, que May rencontre Louis Lecoin, qui est à l’origine de la fondation de l’Union pacifiste de France, et cela sera déterminant pour son engagement antimilitariste.
Cette même année, elle adresse un colis piégé à l’ambassadeur des Etats-Unis à Paris, en signe de protestation contre la condamnation à mort des deux anarchistes italiens Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti. Celui-ci explosera mais sans faire de victime, mais par ce geste elle atteint son objectif d’attirer l’attention des médias français qui restaient jusqu’à présent muets sur cette affaire.
En novembre 1922, elle est mandatée par la Fédération unitaire des métaux de la C.G.T.U pour accompagner le secrétaire fédéral Lucien Chevalier au 2e congrès de l’Internationale syndicale rouge à Moscou.
Au cours de ce congrès, elle ne passe pas inaperçue : elle monte sur la table pour dénoncer des congressistes en train de se goberger alors que le peuple soviétique crève de faim. Elle ose chanter « Le triomphe de l’anarchie » à la fin du repas. Et en raison de la responsabilité de Trotski dans l’écrasement de la Commune de Kronstadt et de sa trahison vis-à-vis de Makhno, elle refuse de lui serrer la main alors qu’elle est venu demander la libération des militants anarchistes Mollie Steimer et Senya Flechine emprisonnés par les bolchéviques.
En 1924, elle fait le coup de poing au meeting de la Grange-aux-Belles au cours duquel les communistes tuent deux ouvriers anarchistes à coups de revolver.
May revient sur Paris en Août 1938, elle entre alors au Comité d’Aide aux enfants espagnols où son activité consiste à transporter des orphelins espagnols et à réunir les membres des familles que la guerre d’Espagne a séparés.
En 1940, elle se rend à Toulouse, où elle s’occupe de l’accueil des réfugiés puis du ravitaillement du camp de concentration de Noë dans lequel étaient parqués des « indésirables » de toutes nationalités. Elle s’occupa également des internés du camp du Vernet d’Ariège duquel elle parviendra à faire évader 9 internés.
Durant la guerre, son activité de résistance l’amène également à fabriquer des faux papiers pour tous ceux qui en ont besoin.
Camarade de Louis Lecoin, elle soutient son action en faveur des objecteurs de conscience et insoumis au service militaire. En mai 68, elle s’engagera d’ailleurs fortement pour cette cause au Larzac, où elle participera également à toutes les campagnes anti-nucléaires.
A la mort de Louis Lecoin en 1971, elle fondera l’association des “Amis de Louis Lecoin”.
En avril 1974, elle crée le journal “Le Réfractaire” qu’elle publiera jusqu’à sa mort. Le dernier numéro, paru en décembre 1983, lui rendra hommage.
Durant sa vie, May sera amenée à cotoyer Sébastien Faure, Nestor Makhno, Emma Goldman, Alexandre Berckman, Marius Jacob, Durruti… et bien d’autres personnalités du mouvement anarchiste français et internationale du Xxe siècle.
May Picqueray est décédée le 3 novembre 1983 à Paris.
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