portrait periko solabarria

"S'ils ne vous laissent pas rêver, ne les laissez pas dormir tranquille"

Video de l' hommage populaire émotionnel et massif, à Periko Solabarria

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Né à Portugalete en 1930, il a vécu pendant des années à Barakaldo.

Pedro Solabarria, “Periko”, laissera une marque indélébile, celle d’un infatigable activiste social qui a su faire preuve d’empathie pour les nouvelles générations. Il aura consacré sa vie à la lutte pour un monde meilleur.

Sa dénonciation de la dictature le conduira dès 1969 à la prison de Zamora. IL sera détenu trois semaines et sera condamné à trois amendes de 36 500 pesetas chacune, alors que son salaire annuel était de 36 000 pesetas. Par la suite, il sera à nouveau emprisonné par quatre fois dans celle de Basauri.

Il quittera assez vite le sacerdoce et finira par travailler exclusivement comme ouvrier du bâtiment.

«Je me suis demandé quelle était ma mission de prêtre. Dire la messe? Non. Evangéliser ? Non! J’ai alors enlevé ma soutane, et je suis allé travailler. Il n’y avait pas besoin d’un prêtre là, il fallait élever la conscience de classe, il fallait lutter contre cette inégalité et cette pauvreté ».

En 1975, il rejoint le syndicat abertzale (gauche de l’indépendance basque) LAB. Son entrée en politique a eu lieu en tant que candidat d’Euskadiko Ezkerra au Parlement espagnol aux élections générales de 1977. Il quittera plus tard cette coalition pour rejoindre Herri Batasuna en 1978.

“J’ai été appelé par HB. Leurs positions m’ont paru correctes et j’ai été élu parlementaire de Gasteiz. Puis, en 1982, j’ai été appelé à nouveau à la tête des listes de Bizkaia. j’ai accepté à nouveau et j’ai été élu député à Madrid.” Sa coalition boycottant les institutions politiques espagnoles, il n’aura participé à aucune session du Congrès.

Le combat était toujours une obsession pour ce fils de mineur  : “Je rêvais de continuer à me battre et à avoir une âme minière, une graine de guérilla ” dira-t-il au cours de ses dernières années de vie.

Il a poursuivi son activité politique et sociale à Barakaldo, où il résida, en collaborant avec la Plate-forme contre l’exclusion sociale “Berri Otxoak” ( le 18 août 1992, des écologistes, des féministes, des antimilitaristes, créèrent BERRI – OTXOAK afin de dénoncer l’attitude fasciste des municipaux et la politique culturelle et sociale très restrictive de la ville).

Lors des élections au Parlement basque de 2012, il s’inscrira pour une dernière fois avec la coalition abertzale Euskal Herria Bildu.
En 2013, il rejoindra le procès contre les crimes de Franco, avec seize autres religieux basques qui ont également été emprisonnés et torturés en représailles pour s’être opposés à la dictature militaire.

Dans cette même année 2013, à la création de l’organisation de jeunes indépendantistes, et féministes “Ernai”, il lançera à 8 000 jeunes exaltés: «S’ils ne vous laissent pas rêver, ne les laissez pas dormir tranquille».

Periko Solabarria s’éteindra le 24 juin 2015 à l’âge de 85 ans. Periko sera jusqu’à ces derniers moments dans la rue avec les plus pauvres et les plus exclus. Pour les chômeurs, les travailleurs en lutte, les femmes victimes de violences sexistes, les migrant.e.s, expulsé.e.s, … toujours à leurs côtés.

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