Le Genepi est une association indépendante de toute institution quant à sa réflexion et ses prises de position, sans affiliation politique et non confessionnelle.

A sa création en mai 1976 (suite aux grandes mutineries du début des années 1970) elle est formée par un groupe d’étudiants-militants intervenant en prison et dans les structures de la protection judiciaire de la jeunesse, dans le but de sensibiliser la société civile aux problématiques carcérales et d’intervenir dans le débat public autour des politiques pénales.

Lors de son AG de 2014, les membres décident de plusieurs changements dont un élargissement de leur champs d’action : désormais l’objet social de l’association est d’ œuvrer en faveur du décloisonnement des institutions carcérales par la circulation des savoirs entre les personnes incarcérées, le public extérieur et ses bénévoles et l’ouverture des adhésions à des militants autre qu’étudiants.


En 2018, le Genepi s’est 800 bénévoles, quatre salariés et une quinzaine d’étudiants en service civique qui œuvrent sur le terrain malgré la remise en cause de la subvention annuelle (rupture de la convention triannuelle qui la liait à l’administration pénitentiaire),le président de l’association (Maxime Boyer) dénonce alors « une sanction politique ».

Le Genepi met un point d’honneur à favoriser un échange horizontal des savoirs : « La transmission n’est plus unilatérale, il s’agit de coéducation, chaque personne amenant ses expériences et ses savoirs, et dans ce cadre les détenus ont une place centrale et active dans leur propre apprentissage ». Afin que la justice maintienne son lien avec les citoyens et leurs réflexions, et continue à être «  rendue au nom de tous », le Genepi se réserve le droit de ce faire le relais de ces témoignage citoyens auprès de leurs représentants.
L’association tient à intégrer pleinement les personnes incarcérées à l’élaboration du contenu et de la forme de ces actions et leur rend compte des actions menées en dehors de la détention, dans un souci constant de ne pas céder à « l’indignité de parler pour les autres ».
En juin 2019, lors de AG, le Genepi a pris un tournant majeur dans son histoire, en mettant fin à l’action en détention pour se consacrer entièrement à l’information du public sur les conditions de détention. Cette décision politique est la résultante d’une réflexion de longue date sur le sens de l’action de l’association. Elle a été prise en cohérence avec la critique portée sur le rôle de la prison et sur le principe même d’enfermement.
Le Genepi considère qu’intervenir en prison revient à cautionner son existence et se soumettre aux conditions imposées par l’administration pénitentiaire.

Afin faire connaître son action et ses positions, et s’assurer les concours nécessaires à la réalisation de ses buts le Genepi est également présent dans le champs culturel, artistique et développe de nouveaux moyens d’information et de sensibilisation du public , en organisant des concerts de soutien et des rencontres autour d’artistes de divers courants musicaux, des expos, des ciné-débats, des performances, des émissions de radio…
Elle est à l’origine de plusieurs festivals tel que le « Taul’art » (Toulouse) qui est un moment d’échange et de création visant à sensibiliser le public aux réalités du milieu carcéral par le biais de ciné-débats, d’expositions, de scènes ouvertes et de théâtre. Il y a également « le Printemps des Prisons », ou le dernier en date : le festival « Des femmes et des peines » organisé à Lyon, en mars dernier, avec OIP et Possible autour de la question des femmes et de la prison.

Par le passé il avait également organisé « Fleur de rocaille », une exposition itinérante rassemblant des œuvres créées en détention dans le cadre d’ateliers animés par le Genepi et d’autres créées à l’extérieur des murs.

Les militants du Genepi interviennent aussi en milieu scolaire, auprès des élèves en collèges et lycées.Le Genepi s’est aussi un zine  collaboratif « Pierre par Pierre » qui s’inscrit dans l’action d’information et de sensibilisation du public, mais aussi de ses réflexions sur l’enfermement. Ce médium est ouvert à toute les contributions, en amont de chaque numéro l’asso invite toutes et tous à prendre la parole en proposant articles de fond, témoignages, fictions, poèmes, illustrations, collage, message de solidarité à faire passer,… Il est diffusé gratuitement ou a prix libre, dispo dans la boutique en ligne du site (lien en bas de page) ainsi que les anciens numéro de « Passe-muraille » et d’autres articles permettant à chacun.e.s d’apporter son soutien à l’association. Sur le site vous trouverez également toutes les infos pour militer au Genepi.

Autre point essentiel pour l’association : la formation de ses membres, pour maintenir une action adaptée à chacun de ses différents interlocuteurs ( personnes détenues, enfants placés sous main de justice, la protection judiciaire de la jeunesse, l’éducation nationale, l’enseignement supérieur, l’administration pénitentiaire et le public).

Le Genepi, attachée à son indépendance vis-à-vis de l’administration pénitentiaire et de la protection judiciaire de la jeunesse, prend des positions fortes sur la prison, la justice et sur son propre fonctionnement. : opposition à la politique des gouvernements successifs, demande de retrait de texte, signature de pétitions, rédactions de communiqués de presse, lettres ouvertes, publication d’articles…

Le Genepi, c’est aussi « Les ADAGES » (Actes des Assises du Genepi) qui réunissent toutes les positions qui ont été prises par le Genepi depuis 1981 sur de nombreuses thématiques, tel que : la réinsertion, les centres de rétention administrative, les relations familiales et la sexualité en détention, l’alimentation en détention, les étrangers en détention, la mixité en prison, l’éducation populaire…

Le Genepi, c’est également une charte qui fixe les valeurs de l’association : indépendance vis à vis de toute institution, respect des Droits de l’Homme, opposition à la peine de mort, à tout traitement tout traitement inhumains ou dégradants, nécessité de formation de ses membres, l’action au sein du Genepi est indissociable d’une réflexion sur le système pénal et judiciaire, etc.

Les membres d’honneurs du Genepi sont Christiane Taubira (notamment, Ministre de la Justice de 2012 à 2016), Jean-Marie Delarue (Contrôleur général des lieux de privation de liberté de 2008 à 2014), Gabriel Mouesca (militant de la cause basque et militant anticarcéral, ancien détenu, ancien président de l’Observatoire international des prisons), Antoine Lazarus (ancien médecin de santé publique notamment en prison, ancien président de l’Observatoire international des prisons), et Etienne Noël (avocat pénaliste ayant fait condamner l’Etat pour la première fois en 2008, pour « des conditions de détention contraires à la dignité humaine ».

ZOOM

couverture numero 3 pierre par pierre
Couv “Pierre par Pierre” – Hors-série Covid – juin 2020

Sommaire :

Lettre ouverte à la ministre des tribunaux et de la justice  ▽ Brèves ▽ Contre la peur et le contrôle, la révolte éclate dans les prisons en Italie ▽ Enfermement et confinement : une comparaison douteuse ▽ Ce ne fut pas une fugue massive, ce fut un massacre d’état ! ▽ Comment soutenir depuis l’extérieur et en confinement, les personnes enfermées ? ▽ Les territoires d’Outre-Mer : ces taules oubliées ▽ Covid et surpopulation ▽ Covid et harcèlement policier dans les quartiers ▽ Etat d’urgence sanitaire ou sécuritaire ? ▽ Pour que cesse le confinement de notre lutte et de nos amitiés ▽ Autodéfense immigrée : seule la lutte donnera des papiers ▽ On est si proche de l’enfermement.